Le stealthing : pourquoi le retrait non consenti du préservatif est un gros problème

16/05/2021
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Le stealthing, ou retrait non consenti du préservatif, c’est quand un personne retire secrètement et consciemment le préservatif pendant l’acte sexuel, alors que son/sa partenaire n’avait consenti qu’à un rapport protégé. Les victimes du stealthing sont exposées à de potentielles grossesses ou MST, à leur insu, juste par égoïsme de leur partenaire, pour plus de plaisir ou d’excitation. Dans des pays comme le Canada et l’Allemagne, le stealthing est punissable par la loi et est considéré comme une forme d’agression sexuelle, s’apparentant au viol.

En 2016, les lois sur les crimes sexuels ont été réformées en Allemagne, accordant encore plus de poids au consentement. Depuis, dans la première affaire de stealthing du pays, un policier de 36 ans a été reconnu coupable d’agression sexuelle par un tribunal de Berlin. La victime avait « demandé explicitement » à ce que l’homme porte un préservatif pendant l’acte et n’avait pas consenti à un rapport sexuel sans protection. Ce n’est qu’après que l’homme a éjaculé que la victime a réalisé qu’il ne portait pas de préservatif. Le prévenu a été condamné à une amende de 3 000 €, en plus de 96 € pour le test médical de la victime, ainsi que dix-huit mois de prison avec sursis.

Le concept de stealthing n’est clairement pas nouveau, mais le terme pour cette pratique est utilisé depuis 2014 par la communauté gay. Quoi qu’il en soit, c’est un véritable problème et une forme d’abus sexuel. Dans les relations adolescentes, la négociation du préservatif est souvent passée sous silence par les partenaires masculins, en partie en raison d’un manque de connaissances pour négocier dans ce domaine, un sentiment d’obligation et la peur de la réponse de celui qui porte le préservatif. Pour éviter que cela arrive, il est important que les hommes, hétéro comme homo, apprennent que porter un préservatif est également bénéfique pour eux.

Une récente étude aux États-Unis a établi que « 10 % de jeunes hommes sans problèmes avec l’alcool ont rapporté avoir entrepris un retrait de préservatif non consenti depuis l’âge de 14 ans. Les hommes ayant entrepris un tel comportement ont rapporté des taux plus élevés de diagnostics de MST et de partenaires avec des grossesses non désirées que les hommes n’ayant pas entrepris de retrait de préservatif non consenti. »1 Dans une autre étude concernant des jeunes femmes adultes, « 12 % ont rapporté avoir fait l’expérience d’un retrait du préservatif non consenti par un partenaire masculin, tandis qu’aucune participante n’a reporté avoir entrepris elle-même un retrait du préservatif non consenti Bien que le stealthing est effectué en majorité par des hommes, il faut également noter qu’il est possible pour des femmes de faire cela à leur partenaire, en enlevant ou endommageant le préservatif sans le consentement de leur partenaire.

 

Que faire si tu es victime de stealthing ?

De nombreuses victimes rapportent des sentiments de trahison et de violation de la confiance, mais, plus important encore, ce n’est jamais de la faute de la victime. En 2018, un homme a été reconnu coupable d’agression sexuelle dans le premier cas juridique de stealthing en Allemagne, mais en Suisse voisine, la cour suprême n’a pas concordé, disant que ce n’était malheureusement pas illégal.

Ainsi, en ce qui concerne les actions légales que tu peux entreprendre en tant que victime, cela dépend vraiment de ton pays. Si tu veux porter plainte, rends-toi dans un poste de police où ils pourront réunir des preuves physiques. Même si porter plainte n’est pas une option, tu peux tout de même porter l’affaire au civil. Quoi qu’il en soit, nous devons prendre les choses en main en passant des tests, supprimant les relations nocives de notre vie, en communiquant ouvertement et en exprimant toujours nos limites. Bien souvent, les principales ramifications sont pour la santé mentale, dans ce cas, essaie de ne pas te refermer sur toi-même. Obtiens de l’aide d’un ami, d’une assistance téléphonique pour les victimes de viol ou d’un professionnel de la santé mentale.

Si tu as été victime de stealthing, ou connais quelqu’un qui l’a été, et que tu ne sais pas vers qui te tourner, contacte le centre des ressources pour les victimes de violence sexuelle ou l’assistance téléphonique pour les victimes d’agression sexuelle dans ton pays.

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